
Nous voila de retour à Toronto après une semaine de détente sur les côtes Gaspésiennes. Petit message façon carte postale pour vous raconter ce petit périple. Géographiquement, la Gaspésie se situe au Nord Est du Québec et c'est sur sa pointe la plus à l'est (soit environ en face de notre vieille Bretagne) que nous avons séjourner. Après 14 heures de bus (et oui c'est long!) à regarder défiler de somptueux paysages côtiers, nous sommes arrivés à Cap-aux-os près du parc naturel de Forillon. Ma foi, le décor était à la hauteur de nos espérances et, parole de breton, cet "autre Finistère" n'a rien à envier au nôtre. Les étendues marines bordées

de côtes escarpées rappellent assez fortement notre littoral mais la végétation forestière qui longe son pourtour et s'insinue au plus profond des terres y est clairement plus dense, plus épineuse, plus canadienne! (nom d'un caribou!) Le beau temps nous a permis des randonnées exceptionnelles entre mer, vallons et forêts dans un site relativement préservé des activités humaines. Ces ballades parfois essoufflantes du fait des reliefs, nous menaient le plus souvent à des panoramas de toute beauté, qui récompensait largement nos efforts. De la haut, l'intensité et la diversité de la verdure printanière se découpait, immense et hypnotisante, sur une baie immobile aux reflets blancs d'acier (voir p

hoto)! Vraiment impressionnant! Dans ces moments là on aimerait pouvoir capturer le paysage entier pour pouvoir y revenir quand ça nous chante, mais on doit malheureusement se satisfaire d'une contemplation éphémère. Limites et frustration de l'homme trop habitué à posséder, à avoir, qui console piteusement cette sensation d' impuissance dans la détention de pâles photographies et du goût incertain d'un souvenir qu'il est de moins en moins enclin à conserver (A quoi ça sert, on a la photo!). Vous pourrez donc profiter de mes toutes puissantes captures paysagères en allant sur Flickr.
Mis a part l'incroyable camaïeu de vert que nous offrait la saison, ( l'automne doit y être fantastique!) la période était idéale pour croiser des animaux sauvages. En effet, la neige subsistant encore au sommet des collines boisées (où ils se réfugient durant la saison estivale), la plupart des mammifères viennent en masse déguster l'herbe fraîche du bo

rd de mer. Nous avons ainsi eu la chance de rencontrer des ours, des orignaux, des porcs-épics et des castors lors de nos excursions champêtres. Ces forêts abritent également des cougars canadiens et des lynx mais (heureusement) nous n'en avons pas croisé. Nous avons aussi visité la plus grande colonnie de fous de bassan du monde (wahou!!!) qui se trouve sur l'île Bonaventure à Percé. Ces oiseaux sont de vrais romantiques. Comme les loups, ils gardent le même partenaire toute leur vie et préfèrent rester seul à la mort de celui-ci. Au rayon des animaux, nous avons également subrepticement pu observer des phoques, des baleines et des orques dans la baie de Gaspé, site réputé pour ses diverses espèces de cétacés. Le plein de nature donc avant de retrouver les joies du béton!
A l'image

de l'accueil des ours, celui des autochtones était aussi très chaleureux. Là encore, la période de notre excursion a certainement joué en notre faveur. Les vagues de touristes ne déferlaient pas encore dans leur pays et n'avaient pas endommagé le moral, la patience ni la joyeuse gouaille de nos hôtes. Nous avons rencontré des personnages haut en couleurs : du propriétaire de gîte qui vous fait merveilleusement la cuisine et vous invite a partager la chaleur d'un feu sur la plage au balladin cinquantenaire, guitare

à l'épaule, incollable sur Georges Brassens et qui, dans un français soutenu, vous raconte avec une précision incroyable comment il fut docker durant une journée dans le port de Brest. Mais aussi : un patron de bistrot qui vous offre le repas en échange d'une petite heure de plonge à son service, un artiste dégenté fier de ses coupures de journaux, un marin de croisière qui vous propose la gratuité de la visite ou encore un chansonnier aveugle dont le chien ne craint pas les ours. Bref, beaucoup de rencontres pittoresques en peu de temps. Au bout de deux jours, on se sentait un peu chez nous. Nous connaissions le prénom d'une dizaine de personnes et des gens nous saluait déjà dans la rue. Etonnante sensation d'hospitalité.

Je ne peux que vous conseiller, si un jour l'envie vous prend de traverser l'Atlantique, d'aller rôder dans cette jolie région, paradis sauvage où vivent de belles et accueillantes personnes.
Je profite aussi de ce message pour vous faire part de mon deuil capillaire. Je me suis en effet séparé des longs cheveux qui m'escortaient depuis presque 10 ans. Evenement mineur certe mais ça fait tout drôle! Une épreuve dont, je l'espère, ma tignasse ressortira plus forte et plus soyeuse. Comme on dit : Ca repousse! Afin d'éviter un quelconque trauma à quiconque, vous trouverez une petite vidéo de transition capillaire ci-joint.
Laure-Anne s'envole pour la France ce mardi. Au programme : larmes, spasmes et coeur en éponge. Les amis et la famille auront donc la joie de la retrouver pendant que je piétinerais seul dans une chambre Torontoise en criant mon désespoir. Veinards!
Voila. J'espère ne pas vous avoir trop saoûler avec ce récit de vacances un peu décousu. Les images seront sans doute plus éloquentes que mes verbiages.
Bonne Journée et tout et tout...
Kenavo.
Hervé.