dimanche 4 octobre 2009

Un dernier pour la route!

Bonjour.

Après huit mois passés au Canada, j'attaque aujourd'hui ma dernière semaine. Je quitte Mercredi les ânes et les pâturages pour rejoindre la ville. D abord Montréal, puis Québec où, comme dans les aventures de nos supposés ancêtres Astérix et Obélix, se finira ce voyage par un joyeux banquet de vin cuit et de cochonnaille entourés de sympathiques trublions.

Le sentiment du retour à venir est étrange. je repasse dans ma tête les lieux visités, les gens rencontrés, les hauts et les bas qui ont jalonné mon bref parcours ici. L'heure est, en quelque sorte, au bilan. Je n'attendais rien de précis de ce voyage sinon la découverte de nouveaux paysages, d'une autre culture et, peut être, d'une meilleure connaissance de moi même. J ai bel et bien reçu tout cela du Canada.

Ma définition du mot "voyage" s'y est, naturellement, enrichie. Au-delà des paysages, j'en conserve des sensations, des saveurs. la douceur du renouveau, la candeur du regard, l'amertume du manque, le piquant de l'inconnu, le sucré des belles rencontres, le salé des solitudes, la suavité des lettres d'amis... Autant de ressentis qui me semble être des constantes du voyage, de vieilles amies que l'on doit retrouver et balader d' un pays à l'autre.

Ces deux derniers mois à la ferme, où j'ai été accueilli de manière magistrale, m'ont permit de tisser des liens avec la famille et donné le goût de revenir les voir dans quelques années. La vie au Québec est aussi vraiment moins chère que la vie française et s'y établir semble assez facile. A méditer...

Pour l'heure, cap sur la France où j'ai, tout de même, hâte de retrouver les visages mieux connus et les paysages complices.

Voila. Avec le voyage, c'est aussi ce blog qui s'achève. Je m'étais finalement habitué à ce journal pas très intime. Merci à toutes les personnes qui ont eu la patience, l'indulgence, la curiosité et la gentillesse de le suivre. J'espère vous avoir un peu fais voyager malgré mes verbiages.

Merci aussi pour vos témoignages et vos amicales pensées.

Je vous embrasse bien fort et vous dis à bientôt (si mon avion le veut bien!)

Kenavo.

Hervé.


P.s. : petite évolution automnale vue du Val à l'âne.

mercredi 23 septembre 2009

reportage télé.

Salut, salut.

La chaîne "radio canada" à accorder une courte entrevue à Christian au sujet de son refuge pour ânes. Une occasion pour moi de vous présenter mon hôte. Voici un donc un lien qui vous y mènera.

http://www.radio-canada.ca/emissions/c_est_ca_la_vie/2009-2010/Entrevue.asp?idDoc=88192

Si vous êtes attentifs, vous me verrez aussi dans ce reportage. Le rôle de ma vie!

Kenavo.

Hervé

lundi 14 septembre 2009

Automne.

Ca y est nous y sommes! Enfin nous y voila!

Je déambule maintenant pour de bon dans une carte postale canadienne!

L immense palette de verdure environnante se fane de jour en jour pour le bonheur des yeux. "Ô Canada, Terre sauvage et magnifique, je te vois enfin revêtir ton dernier manteau". Après le blanc immaculé de l'hiver, la fraîche verdure printanière et son superbe déploiement d été, voici que débarque timidement l automne avec son fantastique cortège de couleurs brûlantes.

Le rouge, le jaune et l orangé, dans des nuances impressionnantes, se déposent en effet par petites touches au gré des feuillages. Cette mosaïque éphémère est creusée de lacs et de sinueuses rivières qui ne manquent évidemment pas de reflèter, avec un ondoiement léger, la beauté sylvestre qui la surplombe. Les arbres peuvent ainsi contempler leur chatoyant déclin.

Cette saison qui, généralement, m'inspire une légère mélancolie m'arrache ici de larges sourires contemplatifs (autrement dit : je dois souvent avoir l air prodigieusement niais!).
Je me dis que j'ai bien de la chance de pouvoir vivre cette période dans un tel cadre. Ici, au bord du fleuve Outaouais, la nature est partout, immense et splendide. Mes hôtes sont, de plus, adeptes des excursions en canot et me font régulièrement profiter de ces grands espaces au fil de l eau. Bref, la vie est douce et silencieuse dans mon nouvel environnement.
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Depuis un peu plus d un mois que je suis là, je me réveille au chant des grillons et me couche aux hurlements des loups. (Wahou, je trouve que ca fait vraiment classe d'écrire ca!)
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Ma nouvelle routine consiste principalement à m occuper des ânes et des cultures mais Christian, mon hôte, trouvent toujours pleins de petites bricoles à faire. Il ne manque pas de suite dans les idées et concoit "mille" projets en même temps : construction de tipis, d un garage, d une barrière, nettoyage de la grange, bardage des pignons de la maison, réparation d une voiture, d un outil, aménagement de toilettes sèches, plomberie, déménagement de toutes sortes, pose de lambri....Les chantiers ne manquent pas et les journées sont bien remplies.
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Les récoltes abondent aussi en ce mois de septembre et il nous faut congeler les légumes ou les mettre en bocaux en prévision de l hiver. Ici, étant donné les conditions climatiques, un fermier travaille sa terre seulement six mois de l année (à moins d avoir une serre) et il faut donc cravacher un peu durant la belle saison pour être sûr d avoir à manger tout l hiver. La plupart des agriculteurs se convertissent ensuite en bûcheron lorsqu arrivent les grands froids.
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Je n'aurais malheureusement pas le plaisir d enfiler ma chemise à carreau ni ma toque de trappeur pour rejoindre ces clans de joyeux tronconneurs car l automne sera ma dernière saison ici.
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Je rentrerais probablement à la mi-octobre. Les travaux à la ferme seront alors moindres et la saison nous aura offert le maximum de ses couleurs. La fin de mon premier grand voyage se profile donc à l'horizon. Après les joies de la nature, resteront à découvrir le retour à l agitation urbaine (aéroport...) et surtout, ultime étape de tout voyage, le "retour au pays": (décalage, retrouvailles et je ne sais quoi encore). J écrirais probablement d ici là...
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En attendant, Je vous embrasse et vous dis "A bientôt".
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Joyeux automne.
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Kenavo.
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Hervé.
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P.S.: Quelques photos sur Flickr!

jeudi 20 août 2009

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles...

Voila plus d'un mois que je n'ai pas écris sur ce bon vieux blog et qu'il se meurt, solitaire au beau milieu de la "cyber-jungle" dans l'attente d un message qui viendrait le ranimer. Je m'en excuses.

Roi de la procrastination, à force de laisser traîner les jours, il me faut aujourd'hui rattraper le retard et vous donner le résumé d un "gros" mois québécois plutôt chargé. La tâche me décourage d'avance car les souvenirs, bien qu'encore relativement frais, se bousculent anarchiquement dans ma petite cervelle. Je vais essayer de vous en brosser un tableau général pour éviter de tomber dans une description trop indigeste.

On respire... C est parti!

J ai passé une bonne partie de mon été chez mes amis québécois (du 30 juin au 7 Août) à Québec. Ce fut un agréable mois de partage et bonne transition affective pour moi après les départs successifs de Laure-Anne et de ma mère.

Durant ce mois de juillet, j ai donc partagé le quotidien estival de Félix, Xavier et leurs amis Guillaume, Laura, Laurent, Dom, Tom, Bruno, Cédric, Fouquet (les nommer est le minimum des hommages que je puisse leur faire!) qui, comme à leur habitude, m'ont magistralement accueillis et ont su me mettre très à l'aise. Au bout de deux semaines, j ai trouvé un travail de commis de cuisine dans un grand restaurant situé en plein cœur des quartiers touristiques. Après y avoir travaillé une quinzaine de jour, j'ai malheureusement dû le quitter pour poursuivre mon voyage, prétextant un mal de pied aigu.
François, un ami breton, nous à rejoint à la mi-juillet et à, lui aussi, profiter des chaudes retrouvailles et de la plongée dans le quotidien de nos amis. Ce joyeux rassemblement à donner lieu à de nombreuses soirées plus ou moins arrosées, à de belles tablées gourmandes, à de longues discussions, à de nombreux rires et délires, à de sympathiques visites et sorties... à la belle vie quoi! J ai un peu abandonné mon appareil photo durant ce séjour car François se chargeait à merveille de capturer notre quotidien (www.flickr.com/photos/fanchik/).

Ce mois à, sans nul doute, scellé notre amitié Franco-québécoise et il est aujourd'hui évident que nous nous reverrons ici, ailleurs ou quelque part en Corée du sud.

Le 7 Août, après avoir manqué mon train deux fois pour cause de non-réveil ( Mon subconscient refusait sans doute de quitter le doux confort des amis), j' ai finalement embarqué sur les rails direction Ottawa après avoir salué Francois et Félix venus m accompagner de bon matin. Départ catastrophe laissant peu de temps aux embrassades.



Après une demi journée de train, une heure de bus et quelques heures d'auto-stop, je suis enfin arrivé à la tombée de la nuit au Val à l'Ane, cette ferme biologique où je compte rester un petit moment pour me ressourcer à la campagne et apprendre quelques techniques d' agriculture. Cette ferme se trouve à Vinton, au bord de l'Outaouais, frontière fluviale entre l'Ontario et le Québec.


Le courant est très vite passé avec ma nouvelle "famille d'accueil". Le patriarche se nomme Christian (Cri-cri pour les intimes). C est un sacré personnage difficile à résumer. Pour faire bref, cet homme est un français quelque peu fâché avec la France, venu habiter au Québec il y a 12 ans. Avant cela, il a vécu durant dix ans en Guyane auprès de tribus d'indiens amazones. Inutile de vous dire qu'il a des tas d'histoires passionnantes et savoureusement exotiques à raconter. Aujourd'hui, il est à la fois paysan (le printemps et l'été) et écrivain (l'automne et l'hiver). Il cultive pour sa propre consommation, pour nourrir sa famille et écrit des bouquins (qui lui rapportent un peu d argent) pour le plaisir. A côté de cela, il loue également des gîtes ,et bientôt des tipis, pour les touristes désireux de prendre un bol d'air à la ferme, entre rivières et forêts. Sa femme se nomme Monique et travaille comme secrétaire dans un hôpital non loin de là. Elle dirige une association locale qui promeut la découverte de jeunes musiciens et organise de petits festivals.

Je travaille chez eux quelques heures par jour en échange du logis, du couvert et de la blanchisserie. Ça me fait du bien d être là. Quel confort! Je vis en famille au milieu des plantes et des animaux. Lorsqu'il fait beau je jardine, désherbe, récolte... et quand il fait mauvais je bouquine, aide Christian dans ses travaux mécaniques ou "garde" Antoine et Arnaud, leurs enfants.


Le Val à l'âne, comme sont nom l indique, est également un refuge pour les ânes maltraités du Québec. Leur présence ici est bien commode pour l'agriculture. Ils sont une bonne source d' engrais naturel et ils éloignent les loups, renards, ours et animaux en tout genre qui pourraient nuire au lieu. Christian leur change régulièrement de pâture et les nourrit sur des champs en jachère afin qu'ils enrichissent le sol de leurs précieux excréments. Dans l'avenir, il compte bricoler du matériel agricole "attelable" pour mettre la force de travail des ânes à contribution.
Pour l'heure, nous attendons deux naissances d'ânons dans la semaine.


Ici, il y a aussi des poules, des chiens , des chats, des tas d' oiseaux (j ai vu un colibri la semaine dernière, le célèbre "oiseau mouche", c'est magnifique!), des biches sur les chemins, des moufettes, des grenouilles, des castors, des myriades de papillons... beaucoup de mouches et de moustiques également.



Christian emprunte, pour son potager, des techniques à la permaculture. Un mouvement agricole venu d' Australie et dont une amie m'avait déjà parlé. Le but de la permaculture (de "permanent culture") est de cultiver sans endommager la terre, en prenant soin de préserver sa richesse et sa diversité (faune, flore) et en prenant, aussi, soin des hommes en produisant des légumes de qualité. Il existe dès lors plein de stratagèmes (associations de plantes complémentaires pour éviter l'utilisation de produits chimiques, jachère, espaces aménagés pour les pollinisateurs, respect et protection des écosystèmes alentours, plantation d'arbre pour équilibrer nos rejets de CO2,...) pour minimiser intelligemment l'impact de l'homme sur la nature.

J ai bien le temps d apprécier l'érudition faunique et botanique de Christian lors de nos séances de jardinage ou de nos excursion en canot sur la rivière des Outaouais. Il en connaît un rayon et éveille, petit à petit, ma curiosité.


Dimanche dernier, nous sommes tous allés à un "Pow Wow", dans une réserve indienne. Le "Pow Wow" est une célébration traditionnelle indienne, empreinte de spiritualité, où ces "premières nations" se retrouvent pour chanter et danser. Danses guerrières, chants de paix, rondes de femmes, d'enfants... tout un programme orchestré par un maître de cérémonie. Ces manifestations, ouvertes au grand public, peuvent prendre la forme de concours de danses ou de simples échanges.
Les indiens n'étant plus, dans la vie de tous les jours, des guerriers emplumés vivants en tipis (du moins dans la majorité des cas), ces fêtes sont, en quelque sorte, le ciment de leur culture, un lieu de retrouvailles privilégié pour perpétuer leur tradition et exposer fièrement leur héritage. Il y aurait un parallèle à faire avec nos fest-noz. Derniers remparts traditionnels d'une culture souffrante... Au Canada, les indiens ont un statut particulier. Ils ont des lois différentes, ne sont pas taxés par l'état, peuvent cultiver et vendre leur propre tabac, etc... Ce traitement spécial ne leur rend malheureusement pas toujours service et , bien qu'il conforte leur indépendance, il a pour effet de les stigmatiser par rapport au reste de la population canadienne. Complexe cohabitation indissociable de l'Histoire.

Durant ce "pow wow", j ai dû revoir mes clichés. De nombreux indiens et indiennes, enfants du métissage, sont aujourd'hui blonds ou roux avec des yeux bleu, vert... Ça fait tout de suite moins western!

Voilà. Le retard de nouvelles est à peu près rattrapé. J'espère, une fois de plus, ne pas vous avoir trop ennuyé avec ce pavé d'informations.

En gros, la vie va même si parfois amis et amours me manquent. C'est le lot du voyageur que de mourir un peu socialement chez lui et de ne faire que traverser les paysage, les gens et le temps là-bas. Je découvres les lois du transit! Heureux, malgré cela, d'être en campagne et entouré de bonnes personnes. J' ai vraiment hâte de voir l'automne empourprer le paysage et de découvrir un peu plus les environs dont je ne manquerais pas de vous faire profiter.

Gros bisous à tous et à bientôt.

Hervé.





vendredi 31 juillet 2009

Au foyer : Voyageons!


(Avec de vrais morceaux de mots québécois dedans !)

Ce n'est pas Hervé qui tape le billet de ce blog très suivi mais François. Celui cité dans de précédents messages. Je dors dans le lit d'Hervé alors pourquoi pas squatter aussi son blog !

J'imagine que le but de ce genre d'exercice auquel je ne suis pas aguéri, c'est de vous décrire mes impressions de voyageur. Et par la même vous justifier ce titre de billet si bizarre.

Présentement il est 2h38 du matin à Saint-Narcisse. Nous sommes le Dimanche 25 Juillet 2009.

Ayant laissé Hervé a Québec pour cause d'horaires de restauration; Je me retrouve dans un "party" dans la campagne de québec a 45min du centre historique. Je vous passe la description inutile.

Christ, que c'est tellement loin du haut-Finistère. Le voyage ne forme pas la jeunesse, elle offre juste la possibilité d'une autre réalité, d'un autre possible.

Mais l'aventure est au coin de la rue. Il n'y a pas plus d'humanité
bouleversante et enrichissante à 7000 km de la rue F. Roosevelt que dans la rue de Brest.

Le voyage nous permet de nous sortir de la submergeante vase de l'habitude de notre société personnelle. Mais le vrai challenge c'est, au plus profond du quotidien de son foyer, de garder l'humilité, l'ouverture et la curiosité de tout bon voyageur. Au foyer : voyageons !


François


Bien d'accord!

Hervé

dimanche 12 juillet 2009

dimanche matin


C'est le matin. Mon âme est encore enveloppée de sommeil et mes pensées sont légères. Il est trop tôt pour les soucis. La nuit a tout effacé et ce jour commence lentement, embué de candeur, en demi teinte de rêve. Aujourd'hui c'est dimanche et l'horloge le sait bien. Elle distendra le temps, muette et complice de mes divagations dominicales.

Le café chuchote déjà sa mélodie de pluie et vient caresser de son arôme doux-amer ma flemme matinale. Il se répand, au compte-goutte, en perles dorées, divinement cerclées de lumière. Quelle chance!
C'est le soleil qui nous bénit de sa présence et vient conforter de chaleur ce réveil déjà moelleux. Déjà haut dans le ciel, il m invite à sortir sur la terrasse de bois, à profiter de ses rayons.


Nul besoin de penser. Le matin s'impose, éclatant de saveur, lisse et tranquille comme une onde tiède. Il veut m 'apprivoiser, me pénétrer de sa douceur. Il y parvient.
Sans résistance, je m'y enveloppe. Sensuel et inconscient, je m'enivre de son essence. Je ne suis pas encore un homme. Non, il est trop tôt... Je m'allonge dans le matin et m'y laisse bercer.

Au même titre que les arbres qui bruissent, à l'aune du vent qui les fait bruisser, comme le ciel radieux et les oiseaux qui le chante, je me tiens là moi aussi. Je respire du même souffle grandiose. Je partage les mêmes odeurs, les mêmes sons, la même confiance, la même ivresse. Ma joie est immense et je n'existe plus.

Aujourd'hui, c'est dimanche sur la terrasse bleue et je suis ce matin d'été, lumineux et serein, un café à la main.



Petit texte écrit ce matin dans le nouvel appartement de mes amis québécois. Humeur estivale et contemplative... je suis ici depuis un peu plus d'une semaine et je m'y plaît. L'accueil exceptionnel des québécois est encore au rendez-vous. Depuis que je suis là, J ai aidé les gars à emménager et nous avons ensuite rénové leur appartement (peinture, champouinage...) qui , ma foi, est devenu fort agréable à vivre. il y a une semaine, je me suis fait une contusion au talon et peine un peu à marcher. Aléas du voyage. je suis donc obligé de rester un peu tranquille et ne peux pas travailler. C est là mon principal souci. Money, money...

Actualité de la semaine à venir : festival d'été de québec, travail et accueil de Francois qui arrive vendredi.

Bons baisers à tous.

Hervé.

jeudi 25 juin 2009

Breizh in América!



Bonjour tout le monde.

Je profite de mes derniers instants d' internet illimité pour vous poster un ultime message de Toronto. Je quitte en effet la mégalopole mardi prochain pour poser mon sac à Québec où je resterais tout le mois de juillet.

Pour clore mon séjour Torontois, ma mère est venue me rendre visite avec une amie. Grand périple pour ces deux bretonnes peu habituées au voyage. Ca fait chaud au coeur!

Le temps d'une semaine de tourisme urbain, mes oreilles ont donc un peu oublié l' accent québécois pour retrouver la chaude gouaille léonarde. Les nouvelles du pays étaient aussi fraîches que les crabes à Appéré et j'ai eu la chance de déguster un "Kouign Aman" de chez Guillou. Bref, cette semaine de cocon pur beurre m'a, moi aussi, fait voyager de l'autre côté de l'Atlantique.
Nous avions trop peu de temps pour sillonner ce grand pays qu'est le Canada et nous sommes donc contenter des lieux environnants Toronto. Après avoir navigué entre les buildings à l'américaine, nous sommes allé à Montréal prendre un bain de francophonie. En bonnes ambassadrices, fières de leur patrie, nos deux "bécassines" avaient dans leurs bagages de quoi nourrir un régiment en crêpes et en pâté Hénaff. D'après une idée originale de ma mère, nous avons donc profité de notre séjour montréalais pour épuiser les stocks, au porte à porte, chez d'autres connaissances bretonnes expatriées au Canada. Ma foi, ça leur a fait plaisir. Cela m'a aussi permis de rencontrer une de mes cousines éloignées qui vit en Amérique depuis ses 5 ans et que je n'avais, par conséquent, jamais rencontré. Merci maman!

Après quatre jours de marche, de visites, de concerts et de spectacles, nous sommes rentrés sur Toronto avant d'enchaîner, et de clotûrer cette semaine touristique, sur les chutes du Niagara.
Ces chutes d'eau sont réellement impressionnantes et méritent leur titre de merveille du monde. En revanche l'attrait touristique de celles-ci ont inévitablement engendrer le développement mercantile de ses alentours. Boutiques de souvenirs dispendieux, hotels de luxe, casinos et parcs d'attractions viennent tristement s'agglutiner autour de cette simple beauté, lui octroyant une partie de son charme.

Bref, c'était tout de même beau et nous ne pouvions guère passer à côté de ce pèlerinage canadien.

Ce voyage à été pour elles l'occasion de revoir leurs à priori et de relever nos différences culturelles. "Finalement, ils ne sont pas trop gros, hein?" "il y a beaucoup de chinois!" "Ici, ils mangent à n'importe quelle heure?" " tout est XL" ... Ma mère à retrouver ses bribes d'anglais et aurait sans aucun doute progressé à vive allure si elle était restée plus longtemps. Demain retour au bercail par la voie des airs après une semaine aussi riche qu'épuisante.

Je repars, quant à moi, les voiles regonflées de crachin breton que je vais essaimer en terre québécoise.

Kenavo et pokou braz

samedi 13 juin 2009

Gaspésie



Nous voila de retour à Toronto après une semaine de détente sur les côtes Gaspésiennes. Petit message façon carte postale pour vous raconter ce petit périple. Géographiquement, la Gaspésie se situe au Nord Est du Québec et c'est sur sa pointe la plus à l'est (soit environ en face de notre vieille Bretagne) que nous avons séjourner. Après 14 heures de bus (et oui c'est long!) à regarder défiler de somptueux paysages côtiers, nous sommes arrivés à Cap-aux-os près du parc naturel de Forillon. Ma foi, le décor était à la hauteur de nos espérances et, parole de breton, cet "autre Finistère" n'a rien à envier au nôtre. Les étendues marines bordées de côtes escarpées rappellent assez fortement notre littoral mais la végétation forestière qui longe son pourtour et s'insinue au plus profond des terres y est clairement plus dense, plus épineuse, plus canadienne! (nom d'un caribou!) Le beau temps nous a permis des randonnées exceptionnelles entre mer, vallons et forêts dans un site relativement préservé des activités humaines. Ces ballades parfois essoufflantes du fait des reliefs, nous menaient le plus souvent à des panoramas de toute beauté, qui récompensait largement nos efforts. De la haut, l'intensité et la diversité de la verdure printanière se découpait, immense et hypnotisante, sur une baie immobile aux reflets blancs d'acier (voir photo)! Vraiment impressionnant! Dans ces moments là on aimerait pouvoir capturer le paysage entier pour pouvoir y revenir quand ça nous chante, mais on doit malheureusement se satisfaire d'une contemplation éphémère. Limites et frustration de l'homme trop habitué à posséder, à avoir, qui console piteusement cette sensation d' impuissance dans la détention de pâles photographies et du goût incertain d'un souvenir qu'il est de moins en moins enclin à conserver (A quoi ça sert, on a la photo!). Vous pourrez donc profiter de mes toutes puissantes captures paysagères en allant sur Flickr.


Mis a part l'incroyable camaïeu de vert que nous offrait la saison, ( l'automne doit y être fantastique!) la période était idéale pour croiser des animaux sauvages. En effet, la neige subsistant encore au sommet des collines boisées (où ils se réfugient durant la saison estivale), la plupart des mammifères viennent en masse déguster l'herbe fraîche du bord de mer. Nous avons ainsi eu la chance de rencontrer des ours, des orignaux, des porcs-épics et des castors lors de nos excursions champêtres. Ces forêts abritent également des cougars canadiens et des lynx mais (heureusement) nous n'en avons pas croisé. Nous avons aussi visité la plus grande colonnie de fous de bassan du monde (wahou!!!) qui se trouve sur l'île Bonaventure à Percé. Ces oiseaux sont de vrais romantiques. Comme les loups, ils gardent le même partenaire toute leur vie et préfèrent rester seul à la mort de celui-ci. Au rayon des animaux, nous avons également subrepticement pu observer des phoques, des baleines et des orques dans la baie de Gaspé, site réputé pour ses diverses espèces de cétacés. Le plein de nature donc avant de retrouver les joies du béton!

A l'image de l'accueil des ours, celui des autochtones était aussi très chaleureux. Là encore, la période de notre excursion a certainement joué en notre faveur. Les vagues de touristes ne déferlaient pas encore dans leur pays et n'avaient pas endommagé le moral, la patience ni la joyeuse gouaille de nos hôtes. Nous avons rencontré des personnages haut en couleurs : du propriétaire de gîte qui vous fait merveilleusement la cuisine et vous invite a partager la chaleur d'un feu sur la plage au balladin cinquantenaire, guitare à l'épaule, incollable sur Georges Brassens et qui, dans un français soutenu, vous raconte avec une précision incroyable comment il fut docker durant une journée dans le port de Brest. Mais aussi : un patron de bistrot qui vous offre le repas en échange d'une petite heure de plonge à son service, un artiste dégenté fier de ses coupures de journaux, un marin de croisière qui vous propose la gratuité de la visite ou encore un chansonnier aveugle dont le chien ne craint pas les ours. Bref, beaucoup de rencontres pittoresques en peu de temps. Au bout de deux jours, on se sentait un peu chez nous. Nous connaissions le prénom d'une dizaine de personnes et des gens nous saluait déjà dans la rue. Etonnante sensation d'hospitalité.


Je ne peux que vous conseiller, si un jour l'envie vous prend de traverser l'Atlantique, d'aller rôder dans cette jolie région, paradis sauvage où vivent de belles et accueillantes personnes.

Je profite aussi de ce message pour vous faire part de mon deuil capillaire. Je me suis en effet séparé des longs cheveux qui m'escortaient depuis presque 10 ans. Evenement mineur certe mais ça fait tout drôle! Une épreuve dont, je l'espère, ma tignasse ressortira plus forte et plus soyeuse. Comme on dit : Ca repousse! Afin d'éviter un quelconque trauma à quiconque, vous trouverez une petite vidéo de transition capillaire ci-joint.

Laure-Anne s'envole pour la France ce mardi. Au programme : larmes, spasmes et coeur en éponge. Les amis et la famille auront donc la joie de la retrouver pendant que je piétinerais seul dans une chambre Torontoise en criant mon désespoir. Veinards!

Voila. J'espère ne pas vous avoir trop saoûler avec ce récit de vacances un peu décousu. Les images seront sans doute plus éloquentes que mes verbiages.

Bonne Journée et tout et tout...

Kenavo.

Hervé.







dimanche 31 mai 2009

Sous le soleil de Toronto


Bonjour à tous.


La douceur semble enfin s'être définitivement imposé en Ontario. Entre orages pré-estivals et bains de soleil, Laure-Anne et moi savourons nos derniers jours canadiens ensemble. Cette dernière prend en effet son envol pour la France le 16 juin prochain où un stage professionnel l'attend au Groupe Ouest (pôle de développement cinématographique récemment implanté à Brignogan). J'abandonne de mon côté le bilig et le tablier afin de profiter d'un séjour en Gaspésie à ses côtés.

En cette fin du mois de mai, Toronto commence à faire ce qu'il lui plaît et revêt des allures de carnaval. Les quartiers s'animent d'une fièvre peu commune semblable à l'allégresse de nos fêtes de la musique française. Nous étions aujourd'hui, accompagnés de Mylène et Candice (amies étudiantes de Laure-Anne) au marché de Kensington où était organisé un "pedestrian day". Le quartier était interdit à la circulation automobile et fortement conseillé aux troubadours en tous genres. Clowns, automates, musiciens, jongleurs, danseurs, peintres et échassiers déambulaient harmonieusement dans cette "cour des miracles" au beau milieu des badauds ravis de ce rassemblement dominical. L'interculturalité de la ville s'affiche majestueusement lors de ces ponctuels rendez-vous. le monde semble pacifié, à l'écoute. D'un trottoir à l'autre, on quitte les chaleurs percussives de l'Afrique pour l'exotisme planant d'une mélopée indienne, on déguste des mets tibétains bercé par les virtuoses arpèges d'une guitare manouche, etc... Ce qui, de prime abord, ressemble à une cacophonie de cultures prend lentement (mais sûrement!) les traits d'une formidable harmonie et on se laisse, bien volontiers, emporter dans ce savoureux cocktail. Certains dansent de tout leur être, d'autres dodelinent plus timidement de la tête mais tout le monde semblent partager le même bien-être. Les sourires échangés n'ont ni âges, ni identités. L'humanité entière semble flirter. Décontractés, on se sent juste des hommes réciproquement admiratifs de nos richesses réunies. Quelle agréable sentiment de paix! J'étais, il est vrai, de fort bonne humeur mais cela n'enlève rien au fait que j'ai rarement ressenti un tel partage. Mon jugement de campagnard chevronné s'en retrouve plus modéré. J'imagine que de nombreuses villes offrent de pareils opportunités humaines et c'est sans doute là un de leurs plus grands atouts. Vous trouverez quelques courtes vidéos de cette joyeuse après-midi sur ma gallerie flickr.
Ces doux instants sont aussi teintés d'un brin de mélancolie car le spectre du départ prochain de Laure-Anne nous escorte en filigranne . On profite donc du mieux qu'on peut!

Prochains évènements pour moi : l'accueil de ma maman le 18 Juin et le départ pour Québec city (où je séjournerais un mois) le 30.

Multes pensées aux amis dont le soleil d'été ravive les doux souvenirs.

Enormes bises a tous.

Kenavo.

jeudi 30 avril 2009

Crêpes et écologie...

Bonjour à tous, chers abonnés et lecteurs dilettants qui prenez le temps de lire mes tribulations à travers ce blog.

Depuis mon dernier message, il y a un mois, je suis entré dans cette association qui sensibilise les écoliers torontois aux enjeux environnementaux et ai participé à multes interventions essentiellement dans des écoles primaires. La plupart du temps, ces jeunes générations en connaissent plus que moi sur l'écologie et m'expliquent savamment les problèmes rencontrées par notre planète. Depuis le fonctionnement d'une centrale thermique jusqu'aux conséquences du réchauffement climatique en passant par la combustion des énergies fossilles, ils débordent de connaissances sur le sujet. Epatant!

Moi qui pensais me présenter en bon samaritain écolo venu éclairer une bande d'ignards en culottes courtes... je me retrouve dans le rôle de l'ignard écolo, grand échallas aux cheveux longs venu défendre un sujet qu'il ne maitrîse guère. Belle leçon d'humilité!

Un élève de 5ème (équivalent de notre CM2) que ses camarades surnommaient Einstein m'a même fièrement tendu un carnet de brouillon dans lequel il avait croquer un prototype de moteur à eau. Reservoir, turbine, générateur, tout y était! Il mettait beaucoup d'espoir dans ce croquis et semblait intimement convaincu de son fonctionnement. Moi aussi d'ailleurs!

Bref, ça fait plaisir d'observer autant d'intérêt de la part de ces enfants qui, comme nous, devront certainement retrousser leur manches et faire fonctionner leurs cervelles pour soigner notre chère planète.


Depuis cette semaine, je travaille également dans une crêperie. Pas très dépaysant pour un breton de mon espèce mais j'en suis très content. Au moins, j'ai un travail! Cette crêperie est tenue par une femme d'origine parisienne qui a fait de l'endroit un petit coin de France au centre de Toronto. A n'importe quelle heure vous y entendez chanter Brassens, Dutronc ou la rue Kétanou, le Paris de Doisneau s'affiche sur chaque mur, les clients vous saluent d'un "Bonjour" à l'anglaise et - extreme french touch - un accordéoniste vient le week-end dérouler ses musettes aux clients ravis par tant d'exotisme. C'est un peu étrange de travailler dans un cliché de chez soi! Pour résumer, je travaille donc dans un concept breton travesti de romantisme parisien au centre d'une mégalopole canadienne et je dois avouer, non sans honte, que c'est dans ce curieux mirage que j'ai réalisé la première crêpe de ma vie. Digarez ma bro ghoz.

A part ça, ma saison estivale s'organise. Laure-Anne et moi envisageons de visiter la Gaspésie au mois de Juin. Vaste Pays québécois qui, paraît-il, ressemble beaucoup à la Bretagne. Nous continueront les visites touristiques jusqu'à la fin juin car ma mère vient nous rendre visite avec une amie. Au mois de Juillet je vais peut être récolter des fraises à l'île d'Orléan près de Québec et accueillir Monsieur Vannier Junior qui compte lui aussi traverser l'Atlantique pour venir festoyer, à cette période, avec les amis québécois. J'ai également trouvé une ferme pour me recevoir au mois d'Août. Elle se trouve à 100 kilomètres au nord ouest d'Ottawa. Les propriétaires s'occupent d'ânes et pratiquent l'agriculture biologique. Tout cela se précise donc!

Ici, la verte saison s'impose à travers la ville. Toronto apparaît soudainement plus boisée. C'est la première fois que j'observe avec autant d'attention le cycle des saisons. Il faut dire qu'elles sont très marquées dans ce pays.

Je m'arrête là et vous embrasse, amis et famille, dont l'absence me donne une leçon d'amour.

Kenavo et à bientot.


jeudi 2 avril 2009

Mars et ça repart...

Bonjour tout le monde!

Un peu de mollesse en ce mois de Mars. Le printemps pointe le bout de son nez mais les offres d'emploi refusent de bourgeonner quelqu'en soit la branche. Je végète donc quelque peu dans notre mégalopole arrosant de CV les entreprises locales, courant les annonces et les forums d'emploi dans l'espoir d'une embauche qui, comme Madeleine, n'arrive pas.
Loin de moi le désespoir, mais il est temps qu'un employeur me sourit car mon compte en banque, lui, commence à tirer la gueule.
Ma langue se délie peu à peu car mes opportunités de converser fleurissent et malgré mes maladresses, je jouis enfin d'échanges avec les Torontois. Ca fait du bien! Je me rend mieux compte de la richesse culturelle de cette ville. Le monde entier semble s'y être égaré et il n'est pas rare d'y rencontrer des personnes quadrilingues. Si seulement je parlais breton je pourrais peut-être rivaliser...
Je vais m'investir très prochainement dans une association qui sensibilise des écoliers aux problèmes environnementaux. Je rencontre l'équipe la semaine prochaine. Je pense que le fait d'oeuvrer pour cette association renforcera mes contacts ici et me donnera l'occasion d'expérimenter une nouvelle approche éducative.
Je commence aussi à penser à la suite de mon voyage. Laure-Anne quittant le Canada à la fin du mois de juin, je quitterais moi aussi Toronto pour probablement m'installer en terre québécoise. Je recherche en ce moment des adresses de fermes biologiques susceptibles de m'accueillir. J'ai très envie d'apprendre ces méthodes et techniques de culture ne serait-ce que pour cultiver moi-même un petit bout de potager. Peut être ai-je un poil "vert" dans la main?
Ici la neige n'est plus qu'un souvenir et le soleil à reprit ses pleins pouvoirs. Les patinoires se sont muées en immenses flaques d'eau, les bonnets se font rares et les robes volent au vent. Quel plaisir! Les écureuils entament leurs rituels de séduction en effectuant des figures très techniques avec leurs queues, les raton-laveurs se réveillent d'une longue hibernation et commencent, eux aussi, à parader et puis, comme ailleurs, les oiseaux chantent, les fleurs se font belles avant de sortir et les arbres voient leurs branches s'étoffer de jour en jour. La nature entière s'excite à l'aube du printemps, tout bourgeonne, tout revit, même les sourires des hommes se dégivrent... Quel bonheur! Vive le printemps!
J'espère que tout le monde va bien!
Joyeuses bises printanières.
Kenavo

mardi 10 mars 2009

Merci les québecois!!!

Calice! que c'était bon!
Nous revenons Laure-Anne et moi d'une semaine à Québec (au Québec). Nous avons été merveilleusement reçus par nos acolytes québécois, Félix et Xavier, rencontré durant les vendanges bourguignone en 2006.

Très vite, autour d'une poutine (il y en a finalement de très bonnes !) les souvenirs ont refait surface et la camaraderie d'antan a retrouvé ses marques. Il faut dire que les québécois sont naturellement prédisposés à briser la glace!

Nous logions chez Xavier toute la semaine sauf deux nuits que nous avons passé dans un chalet avec leurs amis. Ce chalet était situé au bord d'un lac gelé (photo ci-contre) que nous avons d'ailleurs traversé, raquettes aux pieds, comme des trappeurs! Nous avons poursuivi notre randonnée en forêt armés d'une boussole et d'une lampe-torche en cas de non-retour avant la nuit(ce qui ne fut pas le cas). Durant cette randonnée physique mais fort apaisante, j'ai pu profiter des anecdotes autochtones de Félix dont certaines m'ont fortement impressionné.

J'ignorais par exemple que, sous sa splendeur, la forêt enneigée cachait de nombreux pièges. C'est le cas notamment des "trous de neige" ( thème inquiétant : cuivres et timbales).


Ce phénomène se produit certainement aussi dans les hautes régions montagneuses françaises mais en tant que "p'tit gars d'la mer", j'connais pas la montagne, et ça m'impressionne! Pardonnez-moi donc, chers lecteurs, de vous associer à mon ignorance mais il m'a tout de même semblé important de vous schématiser le "trou de neige" (thème inquiétant fortissimo)

Comme vous pouvez le voir sur le schéma ci-contre, ces crevasses (pouvant atteindre 6 mètres de profondeur) peuvent être très dangereuses et font d'ailleurs chaque année plusieurs victimes. Voilà pour le côté sensationnel!

Félix m'a aussi expliqué comment réagir face à un ours et à une meute de loups mais ça sera pour une autre fois...

Durant ces deux jours au chalet, Laure-Anne et moi avons été immergés dans une chaude convivialité québécoise. Autour du feu et du vin, nous avons fait la connaissance de leurs amis et appris à décoder leurs curiosités linguistiques pour finalement les adopter malgré nous. Excellentes soirées dont nous sommes rentrés épuisés mais ravis comme Charles Aznavour.

Le reste de la semaine nous avons visité Québec en amoureux. C'est une très belle ville!
Son centre historique ressemblerait un peu à celui de nos vieilles "cités de caractère" ( Morlaix, Locronan). Elle est coiffée d'un chateaux qui surplombe majestueusement le fleuve St Laurent. De là haut, on a un point de vue exceptionnel sur les alentours faits de plaines et de montagnes.
On y trouve quelques crêperies "bretonnes" (on en a déjà recensé trois), des matchs d'impro théâtrale, de jolies petites rues ornées parfois de fresques en trompe l'oeil, des bistrots pas trop chers et des gens sympathiques. C'est très réducteur mais mon oeil de touriste couplé à ma mémoire sélective ne peuvent obtenir guère plus de précision.

A la fin de notre séjour, Félix nous à fait découvrir les chutes gelées de MontMorency (très beau terrain d'escalade pour têtes brûlées) ainsi que l'île d'Orléan (havre de paix et de somptueux paysages).
Super accueil donc de nos cousins Québécois! Il nous manquait Emeric et François, amis vendangeurs et au-delà, pour que la fête soit totale... Mais ce n'est que partie remise!

Après cette folle escapade, retour pour moi à la réalité de Toronto où je ne suis qu' un "unemployed" dont le compte bancaire diminue. Affaire à suivre.

Si vous voulez voir plus de photos vous pouvez cliquer sur le lien "gallerie flickr".
Grosses bises.

jeudi 26 février 2009

Sous la neige.



Des immeubles...
Des immeubles sous la neige comme des chocolats glacés.

Bas, le ciel répand sa grisaille jusque sous les cîmes, donnant à ces tours des allures d'infini. La neige continue de tomber. Ces massifs miroirs où défilent les cieux semblent également reflèter le grand orgueil de l'homme. C'est là, derrière les célestes carreaux que l'on décide, que l'on compte, en surplomb de la ville. Perdus dans les nuages, ces bureaux font figure d'Olympe...

En bas la vie continue, on marche, on court, certains achètent, d'autres mendient, on s'arrête, on traverse, on bouscule, on dit pardon...

Sous la neige, la ville est comme apaisée, ralenti par les flocons glacées qui virevoltent au gré du vent et se déposent comme autant de baisers. Quelle élégance!

le paysage entier se crystalise et resplendit sous une diffuse candeur. Tout semble léger... Parfois même le silence se fait.

Restent les néons des boutiques et les feux de signalisation, qui continuent leurs scintillements frénétiques, donnant une ultime cadence au ballet citadin.

Bientôt la neige s'arrêtera laissant place à quelques pâles rayons de soleil. Les oiseaux entonneront alors leurs chants vites étouffés par le bruit des voitures, l'empressement se fera à nouveau sentir, "Tut tut", "fucking guy!", et la blancheur se ternira jusqu'à disparaître totalement.

Ne pas y penser! profiter de l'instant... sous la neige!


"Bonjour tout le monde!

Un texte dans le même style que le précédent. Si quelqu'un connait un éditeur de romans férroviaires ça m'intéresse!
C'est, pour l'instant, plus facile et exaltant d'écrire des ressentis que de parler de moi. En gros, je cherche du travail, envoi des C.V. à gauche, à droite, passe des entretiens et continue ma découverte de la ville ainsi que de la langue. Rien d'extraordinaire donc ni d'hyper exotique sinon le changement de climat. J'ai également de nombreuses pensées pour mon papy qui nous à quitté cette semaine.
Laure-Anne va bien. Elle excèlle en ce moment dans l'art de passer des examens.
Samedi, nous allons visiter les amis vendangeurs à Québec. Un agréable bain de francophonie et de rencontres en perspective : visites, raquettes en campagne et match d'impro font d'ores et déjà partis du programme hebdomadaire. Sympa.

Vous trouverez ici une petite vidéo de salut de ma part. Je souhaitais vous faire partager ma première averse de neige... c'est chose faite!

Je vous embrasse.
Kenavo."

jeudi 12 février 2009

Ressenti auditif (à la manière d'un roman de gare [malgré moi])

Comme il est curieux d'être sourd aux murmures de la ville!
Toutes ces phrases que je traverse, ces mots qui traînent sur les trottoirs trouvent ici une autre résonnance, une nouvelle saveur. Je ne les comprend pas...ou peu. Même les sirènes des ambulances me sont étrangères. Brouhaha citadin.
Je déambule mollement dans ce paysage sonore avec la candeur d'un nouveau né. Ebétées mes oreilles en transit ne perçoivent qu'une symphonie urbaine dont les choeurs sont assurément plus nasillards que d'accoutumé. chewing gum.
Etrange sensation, étrange situation, étrange décor dont je suis l'étranger!
Bref, j'avais oublié combien le dépaysement pouvait être sonore.

dimanche 8 février 2009

Mon premier message...

Le premier est toujours très important, il est celui qui met le pied à l'étrier, la main au clavier et la tête en branle. Il est le message annonciateur d'autres messages, il donne le ton, bref; énorme pression entre mes doigts boudinés suspendus à la relative clarté de mon esprit.

Je suis donc enfin arrivé en terre ontarienne après de longs mois d'attente et de menus labeurs. Mon voyage s'est déroulé sans encombre, j'ai simplement réalisé que mon niveau d'anglais était plus qu'insuffisant face aux différents guichetiers. A mon arrivée au Glendon College de Toronto, j'ai brièvement côtoyé la vie estudiantine de Laure-Anne et goûté aux joies de la "Poutine" (non, ce n'est pas la femme d'un célèbre politicien Russe.) plat typiquement québécois probablement inventé par des gens complètement saoul un soir de beuverie. Imaginez des frites bien huilées dégoulinantes de fromage et baignant dans une sauce brune au goût incertain...bref, il en existe de bonnes parait-il, ne jugeons pas trop vite!

Nous avons depuis investit notre appartement dans le centre de Toronto. il est plaisant et nos colocataires sont cordiaux. Laure-Anne se débrouille fort bien en anglais ce qui facilite le contact. Je m'essaye, pour ma part, à petits pas au bilinguisme. Mes mots les plus courants sont "Sorry", "Hi" et "thank you" ce qui fait de moi un interlocuteur assez ennuyeux.

A première vue Toronto est une ville zen et cosmopolite. Comme de nombreuses villes américaines, elle se découpe en quartiers (chinatown, little italy, little india...) et brasse une population très hétéroclite. Malgré les constructions étourdissantes qui habillent les lieux, les rues y sont larges et aérées. le stress est y moins palpable qu'à Paris ou Plougastel.

De nos fenêtres il est courant de voir passer des écureuils et des ratons laveurs « de gouttière » à l’affût d’un déchet ménager à se mettre sous les quenottes. Reste-t-il des choses que l’homme n’ai pas corrompu ou détraqué ?

Ce changement de faune est tout de même très agréable. Les stalactites qui ornent les maisons aussi.

En (re)bref, je suis encore dans la contemplation. Mollesse touristique et prise de repères. A suivre…