jeudi 26 février 2009

Sous la neige.



Des immeubles...
Des immeubles sous la neige comme des chocolats glacés.

Bas, le ciel répand sa grisaille jusque sous les cîmes, donnant à ces tours des allures d'infini. La neige continue de tomber. Ces massifs miroirs où défilent les cieux semblent également reflèter le grand orgueil de l'homme. C'est là, derrière les célestes carreaux que l'on décide, que l'on compte, en surplomb de la ville. Perdus dans les nuages, ces bureaux font figure d'Olympe...

En bas la vie continue, on marche, on court, certains achètent, d'autres mendient, on s'arrête, on traverse, on bouscule, on dit pardon...

Sous la neige, la ville est comme apaisée, ralenti par les flocons glacées qui virevoltent au gré du vent et se déposent comme autant de baisers. Quelle élégance!

le paysage entier se crystalise et resplendit sous une diffuse candeur. Tout semble léger... Parfois même le silence se fait.

Restent les néons des boutiques et les feux de signalisation, qui continuent leurs scintillements frénétiques, donnant une ultime cadence au ballet citadin.

Bientôt la neige s'arrêtera laissant place à quelques pâles rayons de soleil. Les oiseaux entonneront alors leurs chants vites étouffés par le bruit des voitures, l'empressement se fera à nouveau sentir, "Tut tut", "fucking guy!", et la blancheur se ternira jusqu'à disparaître totalement.

Ne pas y penser! profiter de l'instant... sous la neige!


"Bonjour tout le monde!

Un texte dans le même style que le précédent. Si quelqu'un connait un éditeur de romans férroviaires ça m'intéresse!
C'est, pour l'instant, plus facile et exaltant d'écrire des ressentis que de parler de moi. En gros, je cherche du travail, envoi des C.V. à gauche, à droite, passe des entretiens et continue ma découverte de la ville ainsi que de la langue. Rien d'extraordinaire donc ni d'hyper exotique sinon le changement de climat. J'ai également de nombreuses pensées pour mon papy qui nous à quitté cette semaine.
Laure-Anne va bien. Elle excèlle en ce moment dans l'art de passer des examens.
Samedi, nous allons visiter les amis vendangeurs à Québec. Un agréable bain de francophonie et de rencontres en perspective : visites, raquettes en campagne et match d'impro font d'ores et déjà partis du programme hebdomadaire. Sympa.

Vous trouverez ici une petite vidéo de salut de ma part. Je souhaitais vous faire partager ma première averse de neige... c'est chose faite!

Je vous embrasse.
Kenavo."

jeudi 12 février 2009

Ressenti auditif (à la manière d'un roman de gare [malgré moi])

Comme il est curieux d'être sourd aux murmures de la ville!
Toutes ces phrases que je traverse, ces mots qui traînent sur les trottoirs trouvent ici une autre résonnance, une nouvelle saveur. Je ne les comprend pas...ou peu. Même les sirènes des ambulances me sont étrangères. Brouhaha citadin.
Je déambule mollement dans ce paysage sonore avec la candeur d'un nouveau né. Ebétées mes oreilles en transit ne perçoivent qu'une symphonie urbaine dont les choeurs sont assurément plus nasillards que d'accoutumé. chewing gum.
Etrange sensation, étrange situation, étrange décor dont je suis l'étranger!
Bref, j'avais oublié combien le dépaysement pouvait être sonore.

dimanche 8 février 2009

Mon premier message...

Le premier est toujours très important, il est celui qui met le pied à l'étrier, la main au clavier et la tête en branle. Il est le message annonciateur d'autres messages, il donne le ton, bref; énorme pression entre mes doigts boudinés suspendus à la relative clarté de mon esprit.

Je suis donc enfin arrivé en terre ontarienne après de longs mois d'attente et de menus labeurs. Mon voyage s'est déroulé sans encombre, j'ai simplement réalisé que mon niveau d'anglais était plus qu'insuffisant face aux différents guichetiers. A mon arrivée au Glendon College de Toronto, j'ai brièvement côtoyé la vie estudiantine de Laure-Anne et goûté aux joies de la "Poutine" (non, ce n'est pas la femme d'un célèbre politicien Russe.) plat typiquement québécois probablement inventé par des gens complètement saoul un soir de beuverie. Imaginez des frites bien huilées dégoulinantes de fromage et baignant dans une sauce brune au goût incertain...bref, il en existe de bonnes parait-il, ne jugeons pas trop vite!

Nous avons depuis investit notre appartement dans le centre de Toronto. il est plaisant et nos colocataires sont cordiaux. Laure-Anne se débrouille fort bien en anglais ce qui facilite le contact. Je m'essaye, pour ma part, à petits pas au bilinguisme. Mes mots les plus courants sont "Sorry", "Hi" et "thank you" ce qui fait de moi un interlocuteur assez ennuyeux.

A première vue Toronto est une ville zen et cosmopolite. Comme de nombreuses villes américaines, elle se découpe en quartiers (chinatown, little italy, little india...) et brasse une population très hétéroclite. Malgré les constructions étourdissantes qui habillent les lieux, les rues y sont larges et aérées. le stress est y moins palpable qu'à Paris ou Plougastel.

De nos fenêtres il est courant de voir passer des écureuils et des ratons laveurs « de gouttière » à l’affût d’un déchet ménager à se mettre sous les quenottes. Reste-t-il des choses que l’homme n’ai pas corrompu ou détraqué ?

Ce changement de faune est tout de même très agréable. Les stalactites qui ornent les maisons aussi.

En (re)bref, je suis encore dans la contemplation. Mollesse touristique et prise de repères. A suivre…